Funny Face
("Drôle de frimousse", 1957)
Comment rendre un mannequin crédible, voire intelligent? C'est la question qui va entraîner la rencontre entre le photographe de mode Dick Avery (Fred Astaire) et Joëlle Stockton (Audrey Hepburn), une jeune vendeuse en librairie et passionnée de philosophie.
En effet, un jour, accompagné de la rédactrice en chef Maggie Prescott, l'artiste débarque sans prévenir dans le lieu de travail de la jeune femme pour prendre quelques clichés, contre l'avis de celle-ci. Pourtant, quelques jours plus tard, elle est recontactée pour devenir leur mannequin vedette, Mr Avery ayant été charmé par sa "drôle de frimousse". Ils partent alors tous trois à Paris, bien que Joëlle ait davantage été motivée par son rêve de rencontrer son philosophe préféré dans la capitale que par son futur travail de modèle pour le défilé du créateur français Paul Duval. Peu à peu, néanmoins, elle va en être éblouie, et des sentiments vont naître entre le photographe et son sujet.
Cette comédie musicale est une excellente occasion pour nous de découvrir les talents de danseuse de notre perle, j'ai nommé Miss Hepburn. Elle passe sans difficulté par toutes sortes de chorégraphie, de la valse au bohémien. Sans être de même une voix d'or, son chant charmera tout être sensible à sa délicieuse naïveté. Une fois encore, le personnage qu'elle campe semble grandir entre le début et la fin du film par la métamorphose de l'amour entre autres. Fred Astaire, par ailleurs, nous offre une prestation étonnante, autant par son talent d'acteur comique que celui, bien sûr, de danseur. On remarquera notamment la scène du balcon, où il exécute un superbe solo, ou encore la scène romantique du lac avec Joëlle.
Bien que cette comédie apparaisse par moments invraisemblable (comédie musicale oblige) et romantique à souhait, elle raviera les fans de la mode française des années 50-60, ainsi que ceux de Fred Astaire et Audrey Hepburn qui se démènent dans tous les domaines.
TwO fOr the rOad
("Voyage à deux", 1967)
Two to the road nous raconte l'histoire d'un couple à divers moments de leur relation: celui de Joanna Wallace, incarnée par la brillante Audrey Hepburn, et Mark Wallace, interprété par le talentueux Albert Finney.
On plonge ainsi dans leurs amours, depuis leur toute première rencontre, rencontre qui s'avère étonnante et inattendue, jusqu'à leur situation actuelle de mariés. Dans cette dernière, Mme Wallace est devenue froide et raillante. De même, l'homme à la situation stable a remplacé le jeune vagabond drôle et sûr de lui qu'il était autrefois.
Par ces souvenirs, par exemple la découverte de la grossesse de Joanna ou leur premier adultère, le "vieux" couple essaie de se remémorer ce qui a pû altérer leur passion d'antan.
Le fil conducteur de toutes ces scènes non chronologiques est la route. En effet, Stanley Donen a choisi de faire de cette histoire d'amour qui aurait pû paraître très banale, un "road-movie". Chacun de ces souvenirs se passe en majorité sur la route, tantôt dans leur vieille MG, tantôt dans le bus de la chorale où chantait Joanna avant sa relation avec Mark, ou encore dans la voiture d'Howard et de sa femme, deux bourgeois désagréables accompagnés de leur peste de fille.
Créer un désordre dans cette histoire montre clairement les changements et contrastes qui, petit à petit, les mèneront vers le chaos. On passe d'une dispute banale à leur joie du début, sans échapper à la jalousie ou même la complicité qui a sévi tout au long de leur histoire. Leur caractère n'en fait que ressortir d'avantage: Joanna possède dans ses "jeunes" années un humour enfantin et naïf, une fraîcheur et une joie de vivre unique; elle devient par la suite beacoup plus distante, hautaine et capricieuse. C'est là que le talent de notre actrice dévoile toutes ses facettes; Audrey n'est pas seulement excellente dans sa légendaire interprétation de femme-enfant souriante et énergique, elle sait toucher sans plus de difficulté au domaine dramatique d'une mère lasse dont le pire adversaire est son mari. Le jeu d'Albert Finney ne nous laisse pas moins en reste: l'acteur est clairement à la hauteur de sa partenaire. Tous deux sont ainsi en parfaite osmose tout au long du film, ce qui ne fait qu'augmenter notre désir de savoir si ce couple chaotique va oui ou non se séparer définitivement.
Une phrase prononcée par Mr Wallace pourrait à elle seule résumer le film tout entier, alors que les deux protagonistes aperçoivent un couple âgé et silencieux: "Qui sont ces gens assis, là, pendant des heures, et qui n'ont rien à se dire?" "Des gens mariés", répond Joanna. Tout d'abord bien décidés à ne pas se marier, les deux jeunes gens s'uniront pourtant, et comprendront par la suite toute la profondeur de ce discours prononcé douze ans plus tôt.
On pourrait penser que Stanley Donen a une vision pessimiste du mariage. Cependant, combien de fois innombrables de telles situations se produisent chez deux âmes qui ont décidé de n'en former plus qu'une? Cette vision n'est ni plus ni moins qu'une vision réaliste sur la vie de deux personnes de caractère, qui sont tentés de s'opposer sans arrêt, mais qui s'aiment profondément malgré tout.